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Habitat : comment vivrons-nous demain ?
Dossier spécial

Habitat : comment vivrons-nous demain ?

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Éclatement de la cellule familiale, évolution des modes de vie, vieillissement de la population, explosion du numérique et des objets connectés : autant de facteurs qui modifient la forme et le fonctionnement de l’habitat et bousculent les usages de leurs habitants.
Zoom sur l’habitat de demain.

Vers un habitat agile et sur mesure

Les logements accueillent désormais des familles dont la géométrie peut varier sur des cycles de plus en plus courts. Ces évolutions sociologiques contribuent à la baisse de la taille moyenne des ménages depuis plusieurs décennies. Pour autant, la recherche d’espace est, elle, toujours forte.

Si les nouveaux projets de logements tendent à proposer des façades de plus en plus recherchées et des dispositifs techniques de plus en plus sophistiqués, l’intérieur des logements reste encore souvent très standardisé. Logement modulable, flexible, évolutif : les termes ne manquent pas pour désigner une diversité de nouveaux modèles qui cherchent à faire bouger les lignes de l’habitat.

La « pièce en plus » est la solution la plus régulièrement citée lorsqu’il s’agit de répondre à des attentes liées à l’évolution du groupe domestique (arrivée d’un nouvel enfant, etc.), à une volonté de plus grand confort (bibliothèque, salle de jeux, etc.) ou à des besoins plus ponctuels (hébergement d’amis, de famille, etc.). Mais la pièce en plus se heurte souvent à la réalité économique : un budget des ménages trop restreint pour acquérir ou louer ces mètres carrés supplémentaires. Des déclinaisons de la « pièce en plus » sont possibles et destinées à rendre le coût supportable pour les habitants : sa mutualisation entre plusieurs ménages au sein d’une résidence pour partager les frais. L’usage peut être tant collectif qu’individuel.

La «Pièce à la demande» mobilise partenaires académiques, institutionnels et économiques. Réponse originale aux besoins de flexibilité et d’évolutivité de notre société, elle s’inscrit dans les démarches de Ville Durable et d’économie du partage.

‐ Michele Dominici, Titulaire de la Chaire qui a permis de concevoir et expérimenter « la pièce à la demande ».

Autre solution : « la pièce en plus «pluggée» à la demande ». La petite pièce est pluggée sur la façade d’un immeuble à l’aide de câbles d’acier accrochés au toit et positionnée en face d’une fenêtre d’appartement, qui fait alors office de porte d’entrée dans la pièce. L’avantage : pouvoir être installée à n’importe quel moment et non dès la conception du bâtiment.

Enfin, « la pièce en plus à louer » : un espace de vie annexe à l’appartement principal, pourvu d’une salle de bains et de WC, mais aussi d’une entrée depuis le palier qui permet de le rendre totalement autonome. De multiples configurations sont alors envisageables : accueil d’un proche, espace de télétravail ou encore location à un tiers afin d’en tirer un revenu qui aidera à financer l’appartement principal.

Référence : Le logement évolutif du projet Îlot 3H à Ivry Confluences

Loin des opérations « standard », le projet développe des logements à géométrie variable pour s’adapter à la diversité des ménages et aux modes de vie modernes. Des T2 sont dotés d’alcôves pour faire un coin bureau ou éviter au parent divorcé de dormir sur le canapé lorsqu’il accueille ses enfants le week-end. Des T1 ou T2 pourront être ajoutés à un T3 voisin pour former un T5. Tous les T3 sont conçus avec une chambre pouvant être rendue autonome et une deuxième salle d’eau pour faciliter la cohabitation : pour loger par exemple un jeune adulte après décohabitation, un grand-parent, un aidant, etc. Les T4 et T5 sont tous conçus pour être divisibles facilement après décohabitation des enfants, en dissociant un studio qui peut être vendu ou éventuellement loué.

Donnons au logement collectif les qualités de l’individuel en apportant de la flexibilité : plan libéré, plan adaptable, plan neutre, mutualisation d’espaces, pièce en plus et murs équipés de mobilier ouvrent le champ des possibles.

‐ Monique Eleb, Sociologue spécialiste de l’habitat.

Enfin, soumis à de fortes contraintes économiques et spatiales, les cœurs urbains proposent leur lot de logements de petite surface. L’enjeu est ainsi à l’optimisation, vers des logements astucieux.

L’aménagement optimal des espaces repose généralement sur trois piliers : exploitation de l’intégralité du volume, multiplication des espaces de rangement et rationalisation du mobilier. Meubles modulables et multifonctionnels, systèmes de trappe au sol ou au plafond pour cacher du petit mobilier, concepts de murs équipés de meubles encastrés coulissant, basculant ou s’ouvrant comme des tiroirs, sont alors de précieux atouts. Autre tendance pour réaménager rapidement son logement : le recours aux briques Lego géantes pour construire des cloisons.

Référence : La maison rotative

Présentée au salon The Ideal Home de Londres en mars 2017, cette maison placée à l’intérieur d’un gros cylindre pivote sur elle-même d’un quart de tour en quelques secondes sur simple pression d’un bouton, grâce à des moteurs électriques. Les murs prennent alors la place du sol et du plafond, pour dévoiler une nouvelle pièce. La table de cuisine, fixée au sol dans la première configuration, se retrouve accrochée au mur et change de fonction en devenant un écran. Tous les éléments sont encastrés dans un mur ou avec des fixations magnétiques. Les toilettes et la salle de bains sont en revanche installées en dehors du cylindre rotatif. Ce logement rotatif permet d’obtenir une surface utile de 40 m² pour une empreinte au sol de 10 m² uniquement.

Vers un habitat partagé et ouvert sur la ville

Lieu refuge et territoire de l’intime, le logement est aussi un espace de plus en plus partagé. En témoignent l’engouement croissant pour toutes les formes d’habitat partagé (colocation, habitat intergénérationnel…), la mise à disposition du logement à autrui dans le cadre de l’économie collaborative et la place du salon au sein du logement, pièce plébiscitée et qui accueille des usages toujours plus diversifiés : sport, soin, travail à domicile, etc.

Pour accompagner ces nouveaux usages, le logement devient serviciel. Dans des espaces urbains en mutation rapide, la flexibilité des bâtiments devient un enjeu fort. Les immeubles hausmanniens de Paris constituent d’ailleurs un parfait exemple de bâtiments réversible.
Conçus à l’origine comme des immeubles d’habitation, nombre d’entre eux ont été transformés en bureaux relativement facilement : la grande hauteur sous plafond permet d’installer un faux plafond pour faire passer gaines et câbles en configuration bureau et les nombreuses fenêtres sur les façades facilitent le regroupement ou la division des pièces.

Dans cette dynamique, Bouygues Bâtiment Île-de-France a justement conçu « Office Switch Home », un concept de bâtiment de bureaux intégrant dès sa conception une possible transformation en habitat (logement, résidence étudiante, résidente hôtelière) en un temps réduit et à moindre coût. Le plan est libéré grâce à une plateforme technique singulière.

La tendance est aussi au renforcement du couple habitat/mobilité. Cette réalité est perceptible au moment des choix résidentiels : en achetant plus loin, le foncier est moins cher mais le budget lié aux déplacements est plus important, ce qui nécessite de penser de façon globale.

De la même manière, la réflexion sur les modes de déplacement et la connexion aux réseaux et trames de transport occupe une place centrale dans les projets d’écoquartiers. Il n’est alors pas déraisonnable de penser la mobilité comme un prolongement de l’habitat. C’est le sens de certains projets qui commencent à intégrer de véritables solutions de mobilité à leur résidence : flottes de véhicules en libre-service, application de covoiturage, information en temps réel sur les horaires de transports en commun, etc.

Le logement est de plus en plus hybride. La fonction primaire de « se loger » se frotte à des usages de plus en plus diversifiés qui fleurissent au sein du logement. Habiter c’est désormais aussi pouvoir travailler, se soigner, faire du sport, consommer, cultiver un potager, recycler, produire de l’énergie ou encore étudier chez soi, à sa guise. Cette diversification au sein du domicile impacte forcément l’agencement des logements. Les solutions sont à chercher du côté de la flexibilité, de la modularité et de l’évolutivité du logement.

Certaines surfaces doivent pouvoir passer d’une fonction à l’autre pour faire du logement un « hub de vie » autour duquel il devient possible d’organiser l’ensemble des activités du quotidien (sommeil, travail, sport, achats, etc.).

L’habitat partagé devient quant à lui multiforme. En France, l’habitat partagé a longtemps été associé à un choix uniquement économique. Si ce critère reste prépondérant, les motivations sont de plus en plus diverses. Le désir de ne pas vivre seul et l’envie de partager rebattent les cartes et font de l’habitat partagé un choix de vie. Si l’habitat partagé commence à faire son chemin en France, il reste encore bien moins développé qu’en Suisse et dans les pays du Nord de l’Europe, champions en la matière.

La colocation constitue la forme d’habitat partagé la plus connue et la plus courante. Un mode d’habitat plus fréquent chez les jeunes que chez leurs aînés, mais qui concerne autant les actifs (54 %) que les étudiants (45 %), contrairement aux idées reçues.

L’habitat partagé passe aussi par le co-living. S’adressant particulièrement aux entrepreneurs, ce modèle leur propose de vivre en communauté dans un lieu pensé pour répondre à des besoins professionnels. Le logement intergénérationnel, faisant cohabiter plusieurs générations à l’échelle d’une résidence ou d’un logement, trouve quant à lui de plus en plus ses adeptes. La formule fonctionne bien, chacun y trouve son compte et les avantages sont nombreux.

C’est un moyen de prévenir l’isolement des seniors et de leur permettre de rester plus longtemps à domicile. Outre l’accès à un logement bon marché, l’expérience permet une transition en douceur vers l’autonomie pour les étudiants qui quittent le cocon familial pour la première fois.

Vers un habitat soutenable

Soulager le budget logement des ménages, prendre soin de la santé des occupants, favoriser leur bien-être et diminuer l’impact environnemental : autant de défis à relever pour rendre l’habitat plus soutenable et vivable. Pour y répondre, des innovations techniques (objets connectés, nouveaux modes constructifs, etc.) se combinent à l’accompagnement des utilisateurs en vue d’adapter leurs comportements (éco-gestes).

Des solutions se développent pour réduire le poids du logement dans le budget des ménages, tant en accession que dans le parc locatif. Il s’agit de préserver le pouvoir d’achat des ménages par des loyers abordables, par une maîtrise des coûts de l’accession et/ou par des économies de charges.

Un exemple : dissocier le foncier et le bâti pour réduire les coûts d’accession. Le modèle repose sur une structuration originale de la propriété immobilière dans laquelle les ménages sont propriétaires de leur logement mais locataires du foncier, qui est détenu par les administrateurs d’un Community Land Trust. Très répandue aux Etats-Unis, l’économie pour les ménages acquéreurs est évaluée entre 20 et 40 % par rapport au prix classique du marché.

Des actions pour réduire les charges comme la sollicitation des résidents pour l’entretien des parties communes, ou diminuer le prix d’un logement en laissant sa finalisation par le résident sont également des solutions à envisager pour diminuer le coût du budget logement dans le budget total.

Un logement soutenable signifie agir pour un habitat sain et sobre. L’inconfort thermique, le défaut d’isolation acoustique et la mauvaise qualité de l’aération et de la ventilation sont les principaux motifs d’insatisfaction des occupants de logements. L’amélioration de la satisfaction des occupants quant à leur logement passe par le traitement de ces problèmes de façon prioritaire.

Egalement à surveiller : la qualité de l’air intérieur, véritable enjeu de santé publique mais souvent oubliée. Egalement, le renforcement énergétique des bâtiments est la priorité n°1, où la loi TEPCV prévoit la rénovation énergétique de 500 000 logements par an depuis 2017 et rend obligatoire la rénovation des logements dont le diagnostic de performance énergétique est classé G ou F, d’ici 2025.

Au plan architectural, ABC est un nouveau paradigme. Alors que les bâtiments ont toujours été conçus en opposition au milieu naturel pour se protéger de la pluie, du soleil ou du vent, les bâtiments ABC cherchent à l’inverse à capter les rayons solaires, récupérer l’eau de pluie et puiser l’énergie nécessaire à leur fonctionnement dans leur environnement.

‐ Denis Valode, Architecte du concept building ABC

Dossier spécial tiré du cahier « Habiter demain » réalisé par la direction Prospective et Marketing stratégique de Bouygues Construction, à retrouver sur : http://bycn.fr/Habiter_Demain/

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